Patrimoine

PATRIMOINE DE CARENTAN

Les Arcades médiévales

Côté nord de la place de la République, une architecture unique en Normandie : une galerie couverte formée de quatre maisons médiévales juxtaposées par dix piliers.  Ce chef-d’oeuvre de l’architecture de Carentan serait en fait le reste d’un marché couvert du XIVe siècle qui aurait été installé aussi du côté sud.

Cliquer pour démarrer la visite virtuelle des arcades.

Le Grand Orgue Notre-Dame :

Né du savoir-faire de Louis Lair, facteur d’orgue au Mans, de 1803 à 1805, l’instrument est classé « monument historique » pour son buffet et sa tuyauterie. Sa restauration est marquée par l’esprit classique de la fin du XVIIe siècle. Peu d’instruments de ce style existent dans le département de la Manche.

Maison d’armateur

Rue Sivard de Beaulieu.

Avec le bateau à vapeur comme blason, la maison d’armateur du second Empire se distingue par sa belle façade.

A seulement quelques mètres, un surprenant portail d’une façade de maison du XIXe siècle.

Le lavoir des Fontaines

Edifié en 1784 au sein du vieux quartier « des fontaines », cet imposant lavoir était alimenté par plusieurs sources. A ciel ouvert, peu profond aves de larges dalles de pierres appareillées, le lavoir est entouré par une galerie formée de colonnes massives en pierres taillées de Caen.

De bases carrées, les colonnes sur chapiteaux supportent une imposante charpente de bois.
De magnifiques gargouilles de pierres sculptées embellissent ce bassin.

Le lavoir est alimenté par un sillon d’eau aménagé coulant sous les racines d’un arbre. Il se situe juste derrière le réservoir, à droite en haut des petites marches.

Ensemble vers l’eau de la, oeuvre moderne en marbre de 2006 du sculpteur local Didier POISSON trône sur le lavoir.

Le port de plaisance

Bien avant le port de plaisance que l’on connaît aujourd’hui, un port fut installé à Carentan par la famille gauloise des Unelles et détruit par les invasions barbares de la fin du IVe siècle. Au moyen-âge, un port ancré tout près des murailles de la Ville, au « Quay-au-Vin », dans le lit de la rivière des Gouffres qui se jetait dans la Taute. Un trafic de marchandises en tous genres s’opérait par les gabares naviguant à travers les marais (salaisons, grains, volailles, vin, sel, de « bourrées de jonc » alimentant les fours à ban).

Avant 1700, des bateaux remplis de 100 à 200 tonneaux remontaient jusqu’à la ville, mais l’ensablement et les atterrissements eurent raison de ce port. Après cette date, pour des questions d’hygiène, mais aussi de stratégique et d’économique, l’assèchement des marais autour de la ville fut envisagé.

Dès 1805 sous l’impulsion de Napoléon 1er. Des canaux furent alors creusés, des écluses furent installées, un nouveau projet de port qui prévoit d’utiliser le magnifique canal du Haut-Dick avec une écluse à double sassement vit le jour. Les travaux commencèrent en 1842 et furent achevés en 1851. Un important trafic se développa entre le Havre et Carentan apportant prospérité à la ville et ce jusqu’en 1940.

Durant le débarquement de juin 1944, d’importants dégâts sont à déplorer : les écluses sont détruites et l’ensablement à repris. Ce n’est qu’en 1981 qu’une activité portuaire fut rétablie, celle du nautisme. Puis en 1983, le port de plaisance de Carentan accueille les plaisanciers.

Sa particularité est d’être intégré dans la ville. Des écluses permettent le maintien de sa mise en eau. Son accès depuis la mer se fait par un chenal balisé traversant la si belle et si sauvage Baie des Veys.

Le long des berges, le sentier du Haut-Dick invite à une sympathique promenade autour du bassin en passant par le Pont-canal et les écluses. Un parcours de santé y a même été aménagé.

Le Pont-canal

Permettant le passage de la quatre voies routière RN 13 sous le bassin à flots entre le port et la mer,  le pont-canal a été réalisé afin de ne pas détériorer la perspective du canal dans le site sensible des marais. Il s’agit d’un ouvrage d’art unique en France, architecture du XXe siècle.

Le problème majeur se pose au niveau de la résistance aux poussées hydrostatiques issues de la présence d’une nappe d’eau quasi affleurante, la chaussée se situant à 10 mètres en dessous du niveau du canal. Un pompage draine les eaux et une surveillance permanente a été mise en place.

Du point de vue esthétique, Charles Lavigne, l’architecte, a eu l’idée d’exploiter la présence de butons qui reprennent les poussées exercées latéralement sur les parois pour évoquer la membrure inversée d’une coque de navire en bois.
Ainsi, ne soyez pas surpris si, par hasard, en empruntant la RN 13 au niveau du pont-canal, vous apercevez un voilier passer au-dessus de votre voiture !

Les autres communes historiques

Hôtel de Maillé

Place de l’église, place Guillaume de Cerisay.  L’hôtel de Maillé (devenu hôtel de Chanvallon) a accueilli le célèbre Napoléon 1er pour une nuit, le 25 mai 1811, à l’occasion de son voyage à Cherbourg. Depuis 1861, l’hôtel est le presbytère.

Eglise Notre-Dame

Edifiée au XIe siècle, l’église Notre-Dame est classée monument historique. En 1105, le jour de Pâques, grâce à la venue du roi Henri 1er d’Angleterre, l’église est citée pour la première fois par Orderic Vital. Le portail ouest, la partie inférieure des piliers, les quatre maîtres-piliers de la croisée du transept avec les arcades sont les éléments conservés de cette époque romane.

L’église tomba en ruines en 1443 lors de l’occupation de la France par les Anglais. Sa reconstruction s’opéra en premier lieu par la nef centrale et la nef sud..

Vers 1466, grâce à la dotation de Guillaume de Cerisay, chevalier, bailly du Cotentin, l’église voit sa superficie doubler : construction d’un chœur gothique flamboyant, de déambulatoires et de la nef nord. C’est en 1470 que l’on célébra la dédicace.

Puis, e, 1517, à l’extrémité du cœur, s’ajouta la chapelle du Rosaire dédiée à la Vierge Marie. A cette même période, la barrière entourant le chœur ainsi qu’une quinzaine de verrières firent leur apparition.

Durant le Débarquement de juin 1944, les bombardements américains touchèrent gravement la flèche, la grand portail ouest et le chœur. Des dégâts furent également causés à l’orgue, aux vitraux qui furent pulvérisés, à la toiture et à l’horloge. Heureusement, des vitraux anciens avaient trouvé refuge en province dès 1940.

Les peintures dans l’église :

  • dans le chœur,« Assomption de la Vierge » de 1652, oeuvre située au milieu du magnifique retable du maître-autel (1655),
  • « la Donation du Rosaire » du XVIIIe siècle située dans la chapelle du Rosaire. Une autre peinture, de dimensions réduites, « Dieu le Père », la surmonte.
  • « Annonciation » du XVIIe siècle située dans le transept sud
  • la « Vierge de l’Apocalypse » XVIIIe siècle située au niveau du transept nord
  • « Martyre de Saint Gorgon » et « Crucifixion de Saint Pierre », panneaux sur bois du XVIe siècle.

Hôtel de Lessey

Il fut construit rue des Prêtres par la famille d’Auxais de Sainte-Marie-du-Mont au XVIIe siècle. Plus tard il devint  le couvent des Augustines. Aujourd’hui, il accueille l’institution Notre-Dame (écoles).

Hôtel de Ponthergé

Construit en 1554, 47 rue Sébline, l’hôtel propose un double portail sculpté muni de contreforts et décoré d’arabesques de style Renaissance.

L’anecdote: les termes d’un acte du 28 novembre 1695 précisent que la possession de cette maison donnait droit de sépulture dans l’église.

Hôtel de Dey

rue de l’église
La façade de cet hôtel date du XVIIème siècle. On peut y voir une plaque annonçant qu’Honoré de Balzac séjourna dans cette demeure et y écrivit en 1836 une nouvelle « Le Réquisitionnaire ». L’intérieur de cet hôtel montrait encore récemment des boiseries du XVIIème siècle.

L’Hôtel de ville

De 1644 à 1654, l’immeuble fut bâti par les Sœurs de la Congrégation de Notre-Dame. Elles inaugurèrent ce couvent en mars 1652. A l’époque, il existait une chapelle à l’extrémité de l’aile gauche (donnant rue Holgate) et un cimetière. Cette aile gauche fut achevée en 1655. La façade du centre du bâtiment fut restaurée en 1717, l’aide droite date de le fin du XVIIIe siècle.

Les religieuses durent quitter le couvent en 1792 car la Ville voulait utiliser certains des bâtiments. Le couvent devint successivement une garnison, une caserne, une gendarmerie, un collège communal, le bureau de la Justice de Paix, une bibliothèque, des écoles primaires pour enfin abriter les services municipaux.

Aujourd’hui, alliance du passé et du présent, le côté square propose des aménagements à la fois classiques et très contemporains avec notamment une sympathique rivière artificielle agrémentée d’une cascade.

Visite virtuelle de l’hôtel de ville