Le 73e anniversaire à Carentan les Marais

En images avec Tévi

La Liberty March avec Tévi

Bataille de Carentan les Marais

Carentan, O Carentan*

Carentan, O Carentan*

Les combats pour la libération de Carentan, du 9 au 13 juin 1944
La 101st Airborne du Major General Mawell Davenport Taylor connait en Normandie son baptême du feu. Elle combat à partir de 0 heures 15 (heure anglaise) le 6 juin 1944 et dans le sillage de ses pathfinders, en ordre dispersé, chaque compagnie, chaque bataillon tentant malgré le chaos de remplir ses objectifs, sécuriser les accès à Utah Beach d’où les forces terrestres, 4th ID en tête, doivent surgir à l’aube du 6 juin. A Jour J + 2, la 101st avait accompli toutes les missions qui lui avaient été confiées, libérant même St Côme du Mont le 8 juin. Ses régiments occupaient solidement tous les flancs sud et ouest du VII Corps du Major General J Lawton Collins sur la rive gauche de la Douve. Cette situation amène le commandant de la US 1st Army, le Lieutenant General Omar N Bradley à décider la jonction immédiate de ses deux Corps d’armée, le VII, et le Vème débarqué à Omaha Beach. L’importance de la jonction entre les têtes de pont d’Omaha et d’Utah est jugée « Top Priority » par Ike Eisenhower. Clé de cette jonction, la ville de Carentan. Le Field Marshall Erwin Rommel partage la même analyse. Pour le haut commandement allemand, cette jonction ne doit pas avoir lieu. Ordre est donné au 6th Fallschirm Regiment du Major Baron von der Heydte, de « tenir Carentan jusqu’au dernier homme ». Dans le même temps, Adolf Hitler ordonne à a puissante 17ème SS Panzer Grenadier Division de monter à marche forcée depuis Thouars pour rejeter les Alliés à la mer à Carentan. Collins convoque Max Taylor à son CP de Audouville et lui ordonne simplement : « Now take Carentan ». La 101st Airborne Division va engager ses 4 régiments et forces de soutien pour sa première opération d’envergure en tant que division, selon un plan pré établi en Angleterre par Taylor : traversée de la Douve à hauteur de Brévands, et attaque simultanée par la National 13 à partir de st Côme du Mont, pour un encerclement de la ville au sud.

*(Titre d’un poème écrit par Louis Simpson de G/327th, blessé le long du combat au Bassin à flot)

Prise de Carentan, du 9 au 12 juin 1944

Prise de Carentan, du 9 au 12 juin 1944

Dès l’après midi du 8 juin, des éléments du 506th PIR avance sur la longue chaussée qui relie St Côme à Carentan, la RN 13 en surplomb des marais inondés. Quatre ponts permettent de franchir les petites rivières qui courent vers la mer. Le colonel Robert F Sink, Commanding Officer du 506th PIR, avance avec 9 hommes jusqu’au 3ème pont. Une reconnaissance aérienne menée par le Lt Ralph B Gehauf, S-2 du 3/502 mène à la conclusion que Carentan n’est que très légèrement défendue. L’approche par la Nationale 13 est à découvert. Un des 4 ponts a été détruit, et les autres sont bloqués par des grilles et des poteaux en béton. Selon le plan initial, le 3ème bataillon du 502ème régiment Parachutiste (PIR) du Lieutenant Colonel Robert G. Cole, devait franchir ces 4 ponts, puis infléchir sa course vers La Billonnerie, encerclant Carentan par l’ouest puis le sud. Dans le même temps, le 327th GIR devait s’emparer de la ville en venant de Brévands, après avoir fait jonction avec la 29th Infantry Division venue d’Omaha. Juste avant la nuit tombée vers 21 heures 30 le vendredi 9 juin, le capitaine Henry G Plitt, S-3 du 502 PIR effectua une reconnaissance aérienne à bord d’un Piper Cub. Il rapporta à l’Etat-Major de la division que la ligne de chemin de fer Carentan – Baupte n’était pas praticable, et que Carentan avait été abandonnée.

Samedi 10 juin ; Le 3/502nd prend position sur la chaussée entre St Côme et Carentan

Samedi 10 juin ; Le 3/502nd prend position sur la chaussée entre St Côme et Carentan

A 4 heures le samedi 10 juin, le 3/502 se présente devant le pont N°2. Il n’a toujours pas été réparé et les Engineers refusent d’intervenir sous le feu des 88. Cole est furieux. L’assaut est reporté et le bataillon retourne à Les Quesnils. Gehauf, toujours au delà du pont N°4 et ne voyant rien venir, s’en retourne lui aussi vers les Quesnils à 5 heures 30 du matin, non sans avoir déclenché une virulente réponse ennemie.
Ce n’est que vers 14 heures le samedi 10 juin que Cole lui-même, aidé de quelques soldats, établit un pont de cordes et de planches sur le pont N°2, en l’absence des Engineers du 326h AEB. A 13 heures ce samedi 10 juin, le 3/502nd PIR reprend son avance.
A 15 heures, la compagnie G menée par le Lt Clements traverse à la queue leu-leu ce pont provisoire N°2 et entame la périlleuse progression sur la chaussée couverte par le feu allemand. Une heure plus tard, Clements et ses hommes sont au pont N°4.
A 18 heures, tout le bataillon, environ 700 hommes est étiré depuis le pont d’Ouve jusqu’au pont N°4 sur la Madeleine. Les hommes sont soumis à des tirs incessants de mitrailleuses disséminées de par et d’autre de la chaussée, ainsi que des tirs d’artillerie et de mortiers. Les troopers sont totalement exposés, sans possibilité même de s’enterrer le long de la chaussée.
A 23 heures 30 ce samedi 10 juin, c’est tout le 3/502 qui encombre la chaussée à proximité du pont N°4 sur la Madeleine. C’est alors qu’un ou deux avions de la Luftwaffe font leur apparition et larguent leurs bombes sur la compagnie Item prise à découvert sur la chaussée. Les appareils repassent en suite pour un mitraillage en règle. I/502 déplore 30 victimes.
Le 3rd Battalion poursuit son effort, traversant le Groult (pont N°3) et atteignant le pont N°4 au-dessus de la rivière La Madeleine. Les Allemands ont bloqué la route à cet endroit en y plaçant un « portail belge « (Belgian gate) en travers du petit pont. Les troopers ne peuvent s’y glisser que un par un, sous le feu des mitrailleuses dont les balles ricochent contre les barreaux du portail, faisant des étincelles dans la nuit. Les compagnies G et H, et une partie de HQ/3rd suit la compagnie I par ce trou de souris et les soldats se précipitent pour trouver refuge dans les fossés au nord du carré de choux, de par et d’autre de la route de Carentan.

Franchissement du Pont N°4 sur la Madeleine

Franchissement du Pont N°4 sur la Madeleine

Au-delà du dernier pont N°4 se trouve un grand champs à découvert. Une ferme à une extrémité sert de poste de commandement aux parachutistes Allemands. Les haies côté sud du champs ont été aménagées par les allemands qui y ont construits tranchées et casemates pour y abriter un grand nombre d’hommes. A 3 heures 30 du matin le dimanche 11 juin, le capitaine Cecil Simmons et ses 84 hommes et officiers de la H Company entreprennent de traverser le pont N° 4 et de se déployer le long de la route de Pommenauque, dans les haies et fossés. G Company suit avec seulement 60 hommes.
Le HQ/3rd Battalion dispose de 121 troopers. Item Company est réduite en moins de 24 heures de 80 soldats et 5 officiers à 21 hommes et 2 officiers. Le Lieutenant Colonel Cole lui donne l’ordre de se replier.
A 4 heures 30, c’est au tour de la HQ Company de s’infiltrer à travers les grilles qui bloquent le pont N° 4 pour se déployer en ce lieu face à la ferme Ingouf, poste de commandement des parachutistes allemands du FJ. Reg. 6. Cole demande un appui d’artillerie à son observateur le Capitaine Rosemead, en relation avec les 377th Field Artillery Battalion, 90th Battalion et 65th Armored Field Artillery. Les obus pleuvent autour de la ferme Ingouf, sans pour autant atténuer le feu allemand.

Une charge à la baïonnette !

Une charge à la baïonnette !

A 6 heures 15, Cole demande un tir de barrage de fumée. Il informe le peu d’hommes qui l’entoure de sa volonté de profiter de cet écran de fumée pour charger la ferme Ingouf à la baïonnette. A son coup de sifflet, seulement une vingtaine d’hommes qui ont perçu l’ordre dans le tumulte et le vacarme des tirs allemand, se lèvent et le suivent. John Stopka, son Executive Officer, relaie l’ordre et s’élance suivit d’une cinquantaine d’hommes des compagnies, H, G et HQ. Joel Mehall, Albert Kushmerick, Bernard Sterno et Robert Doran, opérateur radio de Cole sont de ceux là.
Trois hommes du 377th PFAB décimé suite à de désastreux largages, sont parvenus à rejoindre St Côme du Mont depuis Valognes. Ils ont reçu l’ordre de combattre comme simples soldats d’infanterie, et se trouvent mêlés aux événements. Il s’agit des Sergents Arthur Parker, William Brown et Crowley.
Le Sergent Kenneth M Sprecker et le Private Roach (H Company) sont les premiers à atteindre la ferme Ingouf. Ils font sauter la serrure et se précipitent dans la maison, poursuivant par la porte de derrière deux allemands qui tentent de s’échapper.
Le Lt Edward A Provost a suivi Cole dans la charge avec 9 hommes. Il attaque avec 5 survivants une pillbox entre la ferme Ingouf et la Madeleine. Avec le T5 James O. Brune, ils tuent les défenseurs à la baïonnette.
150 hommes du 3/502 parviennent à la ferme, des compagnies H, G et HQ. Ils s’enterrent le long des haies de par et d’autre de la ferme.
Cole envoie un messager afin que le Lt. Colonel Patrick F Cassidy envoie son 1st battalion du 502nd en renfort. Débute alors la bataille du carré de choux pour élargir le périmètre défensif autour de la ferme Ingouf, désormais poste de commandement de Robert Cole.
Les lourdes pertes subies par le 3/502nd valurent à la chaussée entre Carentan et St Côme le surnom de Purple Heart lane, en référence à la médaille des blessés de l’US Army. Au soir du 12 juin, le bataillon de Cole ne comptait plus que 121 hommes valides.

Franchissement de la Douve à Brévands

Franchissement de la Douve à Brévands

Pendant les deux jours qu’ont duré les combats sur la RN 13, Purple heart’s lane, le flanc gauche de la 101st Airborne accentuait sa pression vers le sud. La première mission du 327th Glider Infantry Regiment était de traverser la Douve et de sécuriser les hauteurs de Brévands. A 1 heure 45 du matin le samedi 10 juin, La compagnie C a traversé la Douve en silence, et établi une première tête de pont. Le barrage d’artillerie et de mortiers qui s’ensuivit afin de préparer la traversée du reste du régiment eut un impact si fort que les trois bataillons du 327th avaient traversé avant 6 heures du mat. Brévands fut occupé dans la foulée. A midi, la Compagnie A du 1/401st Glider Infantry (qui était désormais considérée comme le 3ème bataillon du 327th) reçut l’ordre de mener une reconnaissance depuis le sud de Brévands jusqu’à Auville sur le Vey, sur la rive occidentale de la Vire. Après environ deux kilomètres de progression, la compagnie butta sur un fort point de résistance allemand. Après une charge vigoureuse, les gliderists enfoncèrent les lignes ennemies en détruisant 12 nids de mitrailleuses. La compagnie put ainsi pénétrer dans Auville sur le Vey, où la jonction avec la compagnie K du 175th Infantry Regiment de la 29th Infantry Division fut réalisée. L’assistant G-3 de la 101st rejoignit le PC de la 29th ID pour rendre compte de la position des paratroopers. La compagnie A du 327th nettoya les dernières poches de résistance qui subsistaient entre le VIIème et le Vème US Corps. Le 327th put ainsi reprendre sa progression vers Carentan.

Les Gliderists à Saint Hilaire

Les Gliderists à Saint Hilaire

L’entrée dans Carentan par l’est est bloquée par le canal Vire-Taute. Le 327th Glider Infantry reçut l’ordre de bloquer tous les accès de Carentan depuis l’est en s’emparant notamment des ponts de chemin de fer ainsi que le pont routier vers Isigny au dessus du canal. Le régiment progressa rapidement dans l’après midi du 10 juin, mais à 18 heures, il fut stoppé net à environ 400 mètres du canal par le feu ennemi provenant des maisons et des champs sur la rive orientale du canal. Le régiment dut se regrouper pour gagner ces 400 mètres. Le 2/327th progressa côté nord de la route, à la droite du canal, tandis que le 1st battalion suivait par le sud. Le 1/401st demeura en réserve. Cette attaque fit reculer l’ennemi de l’autre côté du canal et vers minuit, les deux bataillons de gliderists avaient atteint la dernière haie avant la ville, et s’y étaient enterrés pour la nuit. Le 327th était désormais à portée de fusil de la ville, et contrôlait le pont routier, seul pont encore intact.
Le pont de chemin de fer au sud, et le pont piétonnier au nord, près de la jonction entre le canal et la Douve avaient été détruits. Le pont piétonnier pouvait cependant encore être réparé pour permettre aux troupes de traverser. Sur la rive ouest, le bois bordant le bassin à flot procurait une bonne couverture d’approche vers Carentan. Le colonel Joseph H « Bud » Harper, qui avait pris le commandement du 327th dans l’après-midi après que le colonel George Wear ait été relevé, décida d’utiliser cette approche pour accomplir sa mission de prendre Carentan. A l’aube du 11 juin, une patrouille répara le pont piétonnier, et vers 10 heures, deux compagnies du 1/401st Glider Infantry, ainsi que la compagnie G du 327th entreprirent la traversée malgré un intense barrage de mortiers allemands. G/327th attaqua côté droit du bassin à flot, tandis que A/327 se glissait à gauche, avec C Company en réserve. 1 et 2/327th étaient en réserve au sud le long du canal et couvraient l’attaque de leurs tirs.

Les compagnies progressèrent de plusieurs centaines de mètres à travers bois vers Carentan, mais à environ 500 mètres de la ville, elles furent clouées au sol par des tirs de mitrailleuses et d’armes légères provenant des maisons en bordure nord est de la ville. L’artillerie américaine se montra impuissante à déloger les tireurs, et les gliderists demeurèrent toute la journée dans le bois, incapables de bouger.

Tous les régiments sont engagés

Tous les régiments sont engagés

ville-carentan-d-day-401st-place-de-la-republique-rue-du-chateauVers 20 heures ce 11 juin, le colonel Harper fut rappelé au poste de commandement du régiment. Il y trouva le Lt. Gen. Courtney H. Hodges (Deputy Commander, First Army), le General Taylor, le General McAuliffe, et le Colonel Johnson (501st Parachute Infantry) qui s’étaient réunis pour planifier l’attaque du lendemain sur Carentan. Le général Mc Auliffe commandait une Task Force consistant en les 501st PIR, 506 PIR et le 327th GIR. Le 501 PIR de Johnson devait quitter sa position défensive au nord de la Douve, traverser la rivière à Brévands, où un pont provisoire était en construction, et effectuer un mouvement vers l’ouest pour rejoindre le 506th de Bob Sink à hauteur de la colline 30 (Hill 30), près de la Billonnerie, bouclant ainsi l’encerclement de la ville. Les 1 et 2 battalion du 327th devaient tenir le canal pendant que 1/401st Glider Infantry et G/327th poussaient vers le centre de Carentan depuis le nord est.
C’est durant cette terrible nuit du 11 au 12 juin que la ville fut enflammée par les canons de l’US Navy, les mortiers de 4.2 et les obus des tanks destroyers qui tiraient à bout portant sur les maisons depuis les positions du 327th le long du canal..
Les 1 et 2 battalion 506th PIR firent mouvement à partir de 2 heures du matin le lundi 12 juin. Au niveau de la ferme Ingouf qui avait servi de PC au Lt. Col. Robert Cole, ils quittèrent la route et progressèrent à travers champs plein sud vers la colline 30, sans rencontrer de résistance. Le 1/506 traversa une ligne de défense allemande et rejoignit la colline 30, pendant que le 2/506 s’implantait sur sa droite. Bob « Bourbon » Sink déplaça son poste de commandement par la même route que ses deux bataillons avaient empruntée, mais après la route nationale, il manqua l’intersection et prit à gauche de la colline 30. Il s’enterra pour la nuit bien en avant de ses bataillons, près de Carentan. A 5 heures, ignorant tout de sa position, il donna l’ordre à son 2nd battalion d’attaquer Carentan. A l’aube, quand il devint évident que le poste de commandement était isolé, ordre fut donné au 1/506 d’attaquer à travers la Billonnerie vers le poste de commandement. Le bataillon rencontra une forte opposition près de la Billonnerie. Il y eut alors de féroces combats entre les haies, au corps à corps, pour atteindre et délivrer le groupe de Sink.

12 juin 1944, 7 heures 30 du matin : Carentan est libérée

12 juin 1944, 7 heures 30 du matin : Carentan est libérée

ville-carentan-d-day-officierLe second bataillon 506, pendant ce temps, s’était éloigné de la route entrant dans Carentan depuis le sud ouest. Il recevait des tirs incessants de mitrailleuses et de manière intermittente, d’artillerie en provenance du sud. En pénétrant dans Carentan, le 2/506 tomba sur le 1/401st GIR en provenance du nord est de la ville. Le 1/401st avait traversé la ville de nuit mais était tombé sur une arrière garde allemande. A 6 heures, il avait attaqué depuis le bassin à flot et avait rapidement rejoint le centre de la ville. La rencontre avec le 2/506 eut lieu vers 7 heures 30 le 12 juin après quelques escarmouches avec des tireurs isolés dans le secteur de la gare.
Pendant que ce mouvement de tenaille enfermait ainsi Carentan, le grand mouvement sur la gauche avait pour objectif de couper la route d’échappatoire de l’ennemi par le sud. A l’aube, le 501st PIR d’Howard Johnson avait traversé le canal au sud des positions du 327th GIR, et avait combattu jusqu’aux pieds de la colline 30. Le régiment, après une charge à la baionnette pour éliminer les nids de résistance sur Hill 30, fit sa jonction avec 1/506, fermant le piège, mais un peu tard, car de nombreux allemands étaient parvenus à quitter Carentan durant la nuit.

Défendre Carentan

Défendre Carentan

Avec la prise de Carentan, le VII Corps avait sécurisé l’important maillon de communication avec le V Corps.
Il fallait à présent consolider cette jonction avec les têtes de pont et sécuriser les abords de la ville en prenant du terrain au sud ouest et à l’est de Carentan. Cette mission fut confiée à la 101st Airborne, qui se mit immédiatement au boulot.
Le 501st et le 506th reçurent mission de pousser vers le sud ouest vers les prairies marécageuses de Gorges, pendant que le 327th GIR consolidait la tête de pont à l’est. Sur ordre de Taylor, le 327th devait aussi passer la ligne de chemin de fer et occuper les hauteurs vers Montmartin en Graignes.
Appuyés par 5 tank destroyers, les deux bataillons du 327th GIR prirent position le long de la route d’Isigny l’après midi du dimanche 12 juin. Arrivé à Le Mesnil, les gliderists tournèrent à gauche, avec le 2nd battalion sur le flanc droit, et le 1st à gauche. Juste après avoir franchi la ligne de chemin de fer, les glidermen se heurtèrent à une forte résistance et à 22 heures, se trouvèrent stoppés à Rouxeville, et le 1/327th à Lenauderie. Le 1/327th réussit à enfoncer les lignes allemandes et entra en contact avec 80 hommes de la 29th ID, comprenant le Brigadier général Norman D Cota, ADC de la division qui était encerclé par l’ennemi. L’attaque conjointe se poursuivit et permit la libération de Montmartin en Graignes et les hauteurs au sud de la ville.
A l’arrière de ses deux bataillons, Bud Harper avait perdu le contact et ne pouvait qu’estimer leurs positions. Quand il eut rétabli les communications radio, il ordonna au 1st battalion de se retirer dans les bois de Lenauderie, avec le 2/327th sur sa droite. Il ignorait que Montmartin avait été libéré.
Bien que sa force ait été considérablement entamée par les attaques aériennes alliées subies depuis son départ de la région de Thouars, la 17th SS arrivaient avec ses grenadiers bien entrainés, supra motivés et frais au combat. L’attaque du 13 juin allait inclure des éléments de son bataillon de chars, ainsi que les 37th et 38th Panzergrenadiers Regiment.
Dans l’après midi du 12 juin, le 501st et le 506th avait débuté leur mission de sécurisation des approches sud ouest de la ville. Le 506th était sur la droite et avançait le long de l’axe Carentan – Baupte. Le 501st à gauche, démarra depuis la colline 30 sur un axe sud ouest le long de la route Carentan-Periers. A midi, au petit parti d’allemands attaqua le 2/506. Les troopers repoussèrent l’attaque et poursuivirent l’ennemi jusqu’au manoir de Donville. Mais le manoir était organisé en point de défense fortifié par les paras allemands soutenus par des panzers. Toute la fin de l’après midi, les combats se poursuivirent. Durant la nuit du 12 au 13, le 3/506 vint suppléer les positions du 2/506. Le 501st rencontrait dans le même temps une sérieuse opposition le long de la route de Périers et les troopers s’enterraient pour la nuit à peu de distance de la Hill 30.
Une attaque du 506th fut programmée pour les premières heures de l’aube le mardi 13 juin, pour approfondir la tête de pont au sud de Carentan. Mais avant que cette attaque ne pu démarrer, une très forte poussée ennemie, effectuée par des panzers et des grenadiers frappa l’axe de la 101st, sur les deux routes d’accès de Baupte et de Périers. Les 37th et 38th Panzer grenadier regiment et le 17th Tank battalion de la 17th SS Panzer Grenadier Division Goetz von Belichinghem, avec les survivants du Fallschirm Regiment 6 lançaient leur offensive pour reprendre Carentan. Cette contre attaque parvint jusqu’à 400 mètres de la ville. Le 2/502 tenu en réserve avança sur le flanc droit du 506th et aida à regagner du terrain. Mais l’attaque des SS menaçait sérieusement de couper la jonction entre le VII et V Corps. Le commandement de la First US Army décida d’envoyer les blindés. Ce sont les tanks qui allaient décider de la victoire américaine.
Dans la nuit du 12 au 13 juin, le General Norman Cota rapporta qu’il avait observé depuis les hauteurs de Montmartin en Graignes environ 150 allemands qui pénétraient dans la ville. Ce message fut mal reçu et interprété comme 150 CHARS allemands. Bradley décida alors d’envoyer les blindés. Quand un Major envoyé par Bradley informa Harper qu’une compagnie de medium tank, une compagnie de light tank et un bataillon d’infanterie motorisé arrivaient à la rescousse, Harper appela la division pour dire qu’avec tout ce monde, il pouvait foncer sur St Lô. Mais Taylor appela le V Corps pour dire que Carentan était menacé et d’envoyer les chars à Carentan. Harper déclencha un tir d’artillerie sur Montmartin pour en chasser les allemands.
5 heures du mat en ce 13 juin, les troopers du 506th croisent les chars et les grenadiers allemands qui marchent dans la direction opposée. Les troupes SS se répandent dans les champs et les chemins au nord de la petite église de Donville. Malgré les efforts héroïques pour les repousser, des éléments SS dépassent Donville et parviennent à 500 mètres des limites de Carentan. Les parachutistes du Major von der Heydte soutiennent cette attaque. Les paratroopers US reculent en un certain nombre de points, mais juste au sud de la voie ferré, ils tiennent leur « Alamo », en une ligne désormais appelée « Bloody Gulch ». Lt Col Robert Strayer, CO du 2/506th demande alors du renfort au HQ de la division.
C’est le 2/502 qui est envoyé en renfort, et les troopers du Lt Col; Steve « quiet Steve » Chappuis repoussent les allemands jusqu’à leur zone de départ. Mais les troopers ne sont pas équipés pour lutter contre les chars. Au courage et à coups de bazookas, ils parviennent à stopper quelques tanks et gagner un peu de temps. C’est alors que les chars de Maurice Rose sont arrivés comme la cavalerie dans les films d’indiens.
A 10 heures 30 le mardi 13 juin, des éléments du Combat Command A, 2nd Armored Division, arrivèrent à Carentan. Une Task Force se lança à l’attaque le long de la route de Carentan à Baupte vers 14 heures, suivit du 502 PIR, à travers les lignes du 506. L’autre task force attaqua sur la route de Périers. Le 14th Armored Field Artillery battalion apporta sa puissance de feu. Tanks, infanterie et artillerie conjugués rejetèrent les allemands en arrière, avec d’importantes pertes estimées à 500 hommes. 800 selon certaines sources.
Le 502 releva le 506 cette nuit là sur le flanc droit et le 506 partit en réserve à Carentan.
Au matin du 13 juin, la situation était suffisamment stabilisée pour que Taylor ordonne à Harper de retirer ses bataillons, sous couvert d’artillerie, au nord de la voie ferrée. Harper et ses 5 tank destroyers, établit une ligne de défense le long des voies au dessus de Montmartin. Cota et ses hommes de la 29th ID rejoignirent la division. La contre attaque allemande attendue dans ce secteur n’eut pas lieu.
Au 14 juin, Carentan était sécurisée, et la jonction avec le V corps complète. Sur le flanc droit de la 101st, le 502 PIR prit contact avec la 82nd Ariborne à Baupte. Avec l’aide du 501st à sa gauche, le 502 acheva de fermer l’axe entre les routes de Baupte et de Périers. Le 327th tenait le secteur entre la voie ferrée jusqu’à la Vire, et avait établi le contact avec la 29th ID sur sa gauche. La pression ennemie ne fit que diminuer.

La 101st Airborne avait ainsi accompli ses missions en agrandissant l’arc de la tête de pont et en resserrant les rangs entre ses éléments disséminés pour former un front continu au sud de Carentan.
Le 15 juin, la division passa du VII Corps au VIII Corps.